16 décembre 2011
Vendredi 16 décembre 2011 : Mondovélo Alpes 2012, un opéra en 8 actes
Une semaine avant la présentation officielle, le secret avait été largement éventé : en 2012, le Tour de France allait rendre une fois de plus honneur à la Maurienne, après une présence mémorable en 2011 au départ de Modane pour le climax de l'épreuve.
Mais les Alpes étant réduites à leur plus simple expression lors de la prochaine édition (une petite incursion avant de filer vers l'Ardèche), nous aurons droit à un double bonus avec une extra-balle : l'Etape du Tour-Mondovélo, cette gigantesque épreuve cyclosportive, aura de nouveau lieu aussi en Maurienne (enfin, pour partie, puisque le départ aura lieu d'Albertville ...) !
Autant Modane-Alpe d'Huez, en 2011, s'apparentait presque à une aimable promenade dominicale (seulement 109 km et 3 200 m D+), autant la future étape va s'avérer très, mais alors très difficile, mais pourtant enthousiasmante, encore plus pour moi qui connaît presque chaque recoin comme ma poche ... Alors partons sur "mes" routes, pour une reconnaissance automnale du parcours et ses principales difficultés.
Acte 1 : Moderato (Albertville-Pied de la Madeleine)
Le départ d'Albertville se déroulera probablement non loin de la Halle Olympique, site à-même de recoir une grosse affluence comme il en sera probablement question (10 000 personnes ?). Le début de la course ne sera pas bien compliqué, avec une remontée de l'Isère via ses rives droite puis gauche jusqu'au pied du col de la Madeleine, non loin de la Léchère.
Près de 22 km sans grandes difficultés, hormis un rythme élevé pour "bien" se placer avant la 1ère ascension. Un petit faux-plat de 3 km (km 11 à 14) pourra aider à décanter un peu les choses, de même que les derniers hectomètres avant la bifurcation pour la Madeleine.
Mon temps estimé : 40'
Acte 2 : Forte (Col de la Madeleine)
Ah, la Madeleine ... La plus longue ascension du jour sera probablement la plus abordable aussi, si on prend soin de ne pas se griller dès le pied, avec 3 km en lacets à près de 9%. Ensuite, vous aurez la possibilité de respirer après un démarrage rapide, ou d'en rajouter pour creuser les écarts, selon les objectifs du jour.
Mais n'oubliez pas qu'il restera encore 100 km et surtout 3 600 m de D+ à effectuer à son sommet ! Il faut donc se préserver, selon moi, dans la Madeleine et les faux-plats montants ou descendants à hauteur de Bonneval-Tarentaise. Car sous Celliers, la bagarre reprend, d'abord modérée (7% environ) avant de se muscler après Celliers-dessus (2 km à 9% et +). Si on s'accroche dans ce passage, on est récompensé par un plat de 2-3 km essentiel pour se refaire avant les 4 derniers km, tout en lacets et de nouveau à 9% dans un décor superbe et plutôt sauvage.
Mon temps estimé : 1h50'
Acte 3 : Allegro (Col de la Madeleine-Pied du col du Glandon)
Déjà 2h30' d'effort et une première longue pause s'offre à vous. Pause physique, certes, mais niveau concentration, vous devrez rester éveillés. La descente de la Madeleine est rapide en son début, puis technique sur sa moitié inférieure avec une succesion de lacets forçant à des relances, mais aussi au contrôle de ses trajectoires.
Le bitume n'est pas toujours modèle (notamment après le Planet, au passage du paravalanche), parsemé de quelques plaques métalliques. Idem dans la traversée de la station de St François Longchamp.
Enfin, en bas, prudence à St Martin/La Chambre puis à la Chambre avec les différents ralentisseurs, passages pavés et ronds-points. On traverse l'Arc et on arrive au pied du col du Glandon, à St Etienne de Cuines.
22 km en descente, mais pas de tout repos.
Mon temps estimé : 30'
Acte 4 : Crescendo (Doublette Glandon-Croix de Fer)
Seulement la 2ème ascension du jour, mais à son terme, vous aurez déjà accompli près de 50 km de montée !!! Le plus long sera alors fait, mais le Glandon sera le juge de paix de cette étape. Après une première moitié forestière et régulière, l'ascension du Glandon offre une courte pause à la faveur de la traversée de St Colomban des Villards ... Mais la 2ème partie vous basculera dans l'aventure mythique, à vous de la faire virer en épopée ou en tragédie.
Dès la sortie de St Col, la route vous donne un avant-gout des 8 derniers km, avec une longue ligne droite à 8%. Encore un court passage parmi les arbres, puis les alpages se dévoilent ... Dans un décor superbe, l'effort est terrible sur une route qui flirte avec les 10%, flirtant avec le torrent du Glandon. Enfin, après un ultime répit à 6% après un terrain de foot curieusement placé, la 4ème dimension cycliste est là, une muraille de 3 km à près de 11%. Un passage tellement fou et sublime que j'adore ce col rien que pour ça.
Au sommet, une courte descente de 200 m permet de rattraper la route montant de l'Oisans et rejoignant le col de la Croix de Fer (2068 m). Seulement 3 km à 6% environ qui paraîtront plats après les efforts fournis. Au sommet, les Aiguilles d'Arves se dévoilent ... Le prochain objectif est à leur pied. En attendant, prudence dans la descente.
Mon temps estimé : 2h00
Acte 5 : Fugue (Col de la Croix-de-Fer/ Pied du col du Mollard)
A mon rythme optimum actuel, voilà 5h20 que je roule ... C'est long, l'Etape du Tour ! A mesure de cette description, je me rends compte que cette étape est vraiment terrible, tant elle demande d'effort et de gestion dans les montées, et de concentration dans les descentes ...
La descente de la Croix-de-Fer ne dérogera pas à la règle, avec une descente très technique, les adeptes des lacets seront ravis. Les sujets au vertige en seront quant à eux pour leur frais et ne devront pas regarder au delà du mince parapet vert qui les sépare de certains à-pics.
La route ne sera pas la seule à présenter des pièges, l'aménagement de la station de St Sorlin devra également être source de méfiance, avec ses ralentisseurs, ses crevasses, ses ornières ... Bref, une station ^^! Sauf en cas de réfection massive de la chaussée, jusqu'au pied du col du Mollard, même topo : la fiesta de l'ornière et du voilage de roue.
Enfin attention à 2-3 passages très chauds à haute vitesse pour des non initiés du secteur : un pont à angle droit 300 m avant le hameau d'Entraigues, puis un large virage à Entraigues même, et enfin, l'intersection du barrage de Belleville, très étroite et soudaine, qui sera l'occasion probablement de quelques pertes de gomme et chauffage de freins ...
Mon temps estimé : 20'
Acte 6 : Tempo (Col du Mollard)
6 km d'ascension qu'il conviendra de ne pas négliger, même si, à part le 1er km à 9%, ce col se franchit en régularité. Un petit replat d'1 km à mi-montée environ permet de se refaire la cerise. Avantage de ce col : dès le pied, on voit le sommet, au milieu des bâtiments et résidences, et il se franchit sous le regard impassible des Aiguilles d'Arves ...
En terme de difficulté, ce col connaît quelques mouvements de terrain qui imposent des coups de collier brefs pour passer quelques courts raidillons. Mais sinon, les jambes, comment ça va ? ^^ Si ça tiraille un peu, dernière occasion de se détendre.
Mon temps estimé : 30'
Acte 7 : Piano (Col du Mollard-St Jean de Maurienne)
Il convient maintenant de ne plus faire d'erreurs, car ce pourrait être fatal. demandez à Ludovic Turpin ce qu'il en pense, lui qui s'est cassé le fémur en chutant dans cette descente ultra piégeuse, dès son 1er virage après une longue courbe invitant à une belle pointe de vitesse. Enormément de technique à avoir pour ne pas se laisser piéger par les multiples lacets, mais aussi par la mauvaise qualité de la route ...
Au delà des défaillances physiques, il y aura aussi très probablement beaucoup, beaucoup de casse matérielle ... si les routes ne sont pas massivement refaites.
Au terme de 12 km de descente, on arrive au Plan des Rois puis à la Combe des Moulins, sur un tracé beaucoup plus rectiligne. Attention toutefois aux ralentisseurs de la Combe. Enfin, une petite bosse casse-pattes amène à l'entrée de St Jean, pour l'ultime effort, mais pas le moindre.
Mon temps estimé : 25'
Acte 8 : Final symphonique (Montée Corbier-Toussuire)
Plus de 6h00 d'effort ... Et il ne reste plus "que" 20% du dénivelé total de cette étape dantesque à accomplir. Selon le temps le jour de l'étape, il se pourra qu'on retrouve des cyclistes grillés façon pierrade sur les 3 premiers km, très exposés et terriblement durs pour qui aura dégusté avant 4 cols de renom ...
D'où l'importance de bien gérer les précédentes ascensions, sans se griller également dans les descentes à trop vouloir relancer. L'essentiel est de finir, car sous des abords anodins (18 km à 6% de moyenne) cette ascension n'a rien à envier à la Madeleine, compte tenu de sa position finale dans cette étape.
Passé le croisement de Pierre Pin, la pente devient plus régulière, entrecoupée même d'un replat et d'une descente sur le village de Villarembert. Sous la station du Corbier, il conviendra de fournir le dernier effort d'une longue série au fil des derniers lacets. La traversée de la station en elle-même sera interminable pour beaucoup, scotchés à la pente.
Mais quel pied quand surviendra cette petite descente qui annonce les 2 derniers km ! De quoi galvaniser le moral à voir s'approcher la Toussuire, sur des pentes désormais raisonnable.
Un dernier virage à gauche, une petite bosse puis voilà la ligne droite final. Bravo, vous avez vaincu vos propres souffrances, vos peurs et votre fatigue. Profitez donc de cet authentique exploit qui vous attend ... Et préparez-vous bien, car tout coup de moins bien se paiera très cher.
Mon temps estimé : 1h30'
Temps total estimé (hors ravito) : 7h45'
Soit une moyenne de 18 km/h ... Arriverai-je à améliorer ce temps (jamais plus de 20 minutes, très probablement). La répétition des efforts amoindrira-t'il mes temps estimé ? Le challenge est diablement excitant, après avoir repoussé mes limites, de repousser celles de mes forces ...
Réponse dans quelques mois !
Vendredi 16 décembre 2011 : Elu Produit de l'année
Bon, hé bien voilà ... La raison de la séance photo de début novembre est parue la semaine dernière dans les kiosques. Les quelques personnes qui me connaissent étaient dans le secret, toujours est-il que j'ai eu "l'honneur" de figurer parmi les blogueurs mis en relief par le magazine Cyclopassion de décembre !
Au programme, le plus court article que j'ai pu trouver pour atteindre les 4 000 caractères demandés (j'aime ma prose, oui ^^), qui se réfère à la montée de Corbier-Toussuire effectuée à la mi-août dernier, quand j'étais sur la pente ascendante qui allait me voir vivre mon plus bel été cycliste depuis bien longtemps ... Peut être même le meilleur. En attendant la suite :o)
Bon, on passera sur la "boulette" de la rédaction, qui s'est plantée dans la retranscription de l'adresse du blog (pas de raz-de-marée de fans hystériques ... ça attendra leur erratum en janvier :op), et quelques détails que j'avais occulté lorsque je leur avais proposé cet article ... mais qui ont été remis. La face du monde cycliste sait donc que je me lève la nuit pour faire pipi et que quand je me fais piquer à la lèvre, je me trimballe avec des knackis balls en guise de bouche. Merci les gars, trop sympa ^^.
L'expérience de voir sa trombine en double page est quand même très agréable, et je remercie de nouveau mon pote Marmotte 73 de s'être prêté au jeu d'une séance photo, en espérant qu'on en refasse une dans pas longtemps. Hé oui, j'ai plein de projets en tête ... En attendant, je profite quelques semaines de coupure intégrale, lumbago et temps pluvieux oblige. Comme c'est agréable de vivre pour autre chose que le vélo ...
A très vite pour une récap de mon année hors du commun (en toute modestie ^^) et pour parler de 2012 ...
06 novembre 2011
Dimanche 06 novembre 2011 : Clic-clac
Après quelques jours d'une coupure bien méritée (3 500 km de montagne en 2 mois et 1/2, ça use "un peu"), retour en selle hier ... pour une séance photo spéciale, sur le site des lacets de Montvernier, en compagnie d'un ami photographe, qui, tel Batman ou le Surfeur d'Argent, agit masqué et sévit sous le pseudonyme de Marmotte73. ^^
2h à s'amuser, à passer, repasser sur les mêmes lacets, sprinter, faire du surplace ... Exercices spécifiques, mine de rien j'ai fait 24 bornes à jouer les top models ^^ Et au final, le don d'un photographe étant d'arriver à éclairer même le sujet le plus moyen (alias moi-même, hein, je précise ...), j'ai eu affaire à un photographe TRES doué. :o) Ci-dessous quelques clichés ...
Mais ... Au fait, pourquoi donc une séance photo ? Ah ah ! Rendez-vous donc dans un mois en kiosque, et vous comprendrez mieux ... Sachant que certains lecteurs de mon blog ont déjà connu cet "honneur" et voient donc peut-être à quoi je fais allusion !
En tout cas, peut-être encore quelques jours de coupure intégrale et je rattaquerai (déjà) ma préparation hivernale ...
30 octobre 2011
Dimanche 30 octobre 2011 : Santé, Centenaire !
A l'occasion du passage accentué du Tour de France 2011 dans les Hautes-Alpes, le Conseil Général avait eu la bonne idée de développer un site internet consacré à la pratique du vélo dans ce si beau département : mon tour dans le 05. Des parcours, des profils, des sites à voir ... et un jeu en ligne pas bien compliqué, auquel j'ai participé.
Joie ! En plus, j'ai gagné ^^ Résultat, réception hier d'un beau maillot spécial Centenaire du Galibier, aux dominantes grises, avec un bel imprimé 1900 ... à l'intérieur. J'ai toujours pas compris pourquoi ... C'est ça qu'on appelle la beauté intérieure ??? ^^ En tout cas, merci le CG 05 !
22 octobre 2011
Samedi 22 octobre 2011 : Retour sur Terre, jardin d'hiver
Hé bien voilà ... Les températures ont sérieusement baissé, et en dépit d'un beau soleil ce week-end, je pense que toute ascension marquée, bien qu'encore possible, impliquerait aussi une descente en version "congélation avancée" ... Le Cormet de Roselend et le Beaufortain resteront donc comme mes dernières conquêtes montagnardes de l'année ! Finie la tête dans les nuages ...
Dans quelques semaines, quand j'aurai raccroché le vélo pour quelques semaines, il sera temps de faire le bilan mais pour l'instant, je roule encore ... même si tout itinéraire ne comportant aucun col ou aucune montée est tristement barbant. Ce sera pourtant mon lot jusqu'au printemps prochain.
J'adopte donc désormais les distances et les horaires d'automne/hiver à partir d'aujourd'hui, à ceci près que je démarre un peu trop tard (après-manger), pas assez couvert ... et toujours face à ce p..... de vent, qui aura été là quelle que soit la période. Bref, il va falloir que je me refasse une motivation à tourner dans ce décor pendant 3-4 mois !
Pas forcément mauvais, mais pas impliqué non plus, un peu refoidi par les passages à l'ombre, un tour à classer dans les affaires courantes ...

Bilan : 56,4 km en 2h03', à 27,5 km/h. 550 m D+.
Itinéraire : St Jean, Hermillon, Pontamafrey, Ste Marie, St Etienne, St Rémy, St Léger, Epierre, La Chapelle, Les Chavannes, La Chambre, Ste Marie, Pontamafrey, Hermillon, St Jean
16 octobre 2011
Dimanche 16 octobre 2011 : L'au-revoir aux Grandes Alpes ?
Dernière journée de mon tryptique de fin de saison, ça sent l'écurie et le passage aux horaires d'automne ... Dans ma course en avant pour remplir encore quelques objectifs, je me lève encore avant les aurores afin de démarrer au "petit jour" ma sortie.
Au réveil, les sensations sont meilleures qu'hier. Même si je sens que mes adducteurs sont désormais de simples gaines sans aucun ressort, mais sinon, ça va.
Pas de courbatures, ni de crampes nocturnes, les 5 L (!) et quelques d'eau que j'ai bu au total hier n'ont pas été de trop pour réhydrater l'organisme.
Au programme du jour : encore un tour dans le Beaufortain. Un magnifique secteur, magnifié par les couleurs d'automne.
Départ vers 8h10, version chaude : le ciel est clair, le temps un peu humide, ce sera bonnet+sous-gants+corsaire et manches longues. Quand je mettrai la veste, là, il sera tant d'envisager l'arrêt de la montagne pour 2011 ...
Je traverse rapidement Albertville, totalement déserte, et attaque la bosse de Venthon, pour rebasculer dans la vallée du Doron. J'adopte un rythme régulier, entre danseuse et selle, et surtout pas trop actif : il va falloir bien s'échauffer, car ce n'est pas la température externe qui va s'en charger : + ... 3,5°C !
Je remonte la vallée, entre faux-plats montants et courts replats. Peu de circulation, encore moins qu'il y a 15 jours lors de ma conquête des Saisies. La 1ère heure passe sans histoire (21,1 km/h), je passe le carrefour des Saisies alors qu'il me reste environ 3 km pour atteindre Beaufort.
Le soleil apparaît enfin, mais joue à cache-cache. A Beaufort, la montagne est trop proche et le soleil encore trop bas, je repasse dans la fraîcheur. Au bout d'1h07', je sors de la ville et enclenche le chrono. C'est parti !
Je n'ai grimpé ce col qu'une fois en 2006, appâté par la perspective du "Défi des Sommets", un challenge d'ascensions chronométrées. J'y avais subi un bon coup de moins bien causé par une approche en sur-régime. Du coup, je n'ai pas vraiment de repères, mais gardant en mémoire l'épisode d'hier dans le col de la Cluse, j'en garde en réserve.
Et je fais bien. Le col n'est pas borné, je pars donc aussi dans l'inconnu de ce point de vue là. Les trois premiers km sont tous entre 7 et 8%, et hormis un double lacet, la route reste désespérément dans la même orientation dans ce défilé un peu tristoune (Entreroches, le bien nommé). Octobre met sa main progressivement sur tout ... Et je rame un peu à trouver une allure.
Mais l'ambiance s'illumine à la faveur d'un replat bievenu, à la Tétaz. Voilà ce qu'il me fallait pour trouver enfin une régularité qui manquait jusqu'à présent, un secteur où me relancer.
A compter de cet instant, j'enclenche le pilote automatique. En plus, sans que ça soit l'Alpe d'Huez, des lacets surviennent de manière régulière et donnent de l'altitude à la route, qui sort à mesure des sapins. Quel plaisir de revoir l'horizon ! Le soleil est cependant loin, sur le versant d'en face ...
Je dépose rapidement un cycliste en perdition, mais qui a eu au moins le courage de se lancer dans l'ascension.
10-11-12 ... Mes jambes tournent bien, je ne me ressens plus de mes courbatures. Sans "voler", je me sens plutôt bien. D'ailleurs, la moyenne de la 2ème heure est satisfaisante (12,1 km parcourus, moyenne générale de 16,6 km/h). A mesure de ma montée, l'échancrure du col intermédiaire, le col de Méraillet (1 605 m), commence à laisser paraître le soleil. Encore un effort !
Au final, en 1h06'30", je franchis le col ... et accède au paradis.
Voilà le lac de Roselend, joyau aujourd'hui émeraude enchassé parmi les montagnes, la Pierre Menta, l'élégant arrondi du barrage désormais cinquantenaire ...
Couplés au soleil et aux chaudes couleurs d'automne, c'est une véritable invitation à la contemplation. Et fort heureusement, la route prend un profil plat et même légèrement descendant, de quoi me laisser admirer ce tableau ...
5 minutes de répit, le temps de parcourir ces 2,5 km panoramiques, et la montée reprend pour 6 km beaucoup plus roulants, le long de la falaise et en quelques lacets. Après le passage d'un verrou rocheux à côté duquel s'épanche une belle cascade, voilà la portion finale, marqué par un passage à côté du refuge du Plan de la Lai au bout d'1h30'.
Il me reste encore 2,5 km, et hormis quelques motos, la montagne est à moi. Je ne boude pas mon plaisir de réaliser cette ascension presque facilement, compte-tenu de tout ce que j'ai fait et de la période actuelle : le col de la Cluse n'était apparemment qu'un accident de parcours ...
Je remets des dents dans le dernier km, encore plus facile (5,5%). J'y suis, Cormet de Roselend, 1 968 m. La neige tombée il y a une semaine s'accroche encore en bonnes quantités aux versants à l'ombre, mais aussi sur les bas-côtés.
En 1h43', l'ascension a été menée à 11,7 km/h de moyenne, et la dernière section de 6 km à l'unisson de cette moyenne, en 31'. Les sections montantes du col ont donc été gravies à 11,1 km/h, et le replat du Méraillet a permis de réhausser le tout ...
Après avoir profité du calme ambiant pour me réchauffer un peu et refaire les niveaux, je repars ... Initialement, je voulais grimper Roselend depuis la Tarentaise et faire une boucle de 120 km ... mais au final, peu emballé par le fait de remonter la quasi-intégralité de la Tarentaise par la RN90, j'ai préféré le calme du versant beaufortain.
Je file dans la descente ... et repasse à l'ombre de la falaise. ça caille vraiment, d'ailleurs, malgré la montée, je n'ai pas quitté ni le bonnet, ni les gants. Comme quoi c'est limite.
Je franchis la 3ème heure de parcours (16,9 km parcourus, moyenne générale de 16,7 km/h). Dans le replat du Méraillet, je croise mon cycliste perdu de l'aller, cette fois arrêté à un bar ^^ Et revenu au col, je pars en direction du barrage, sous l'oeil impassible de la Pierra Menta enneigée.
Après une courte mais rapide descente, la route passe sur le barrage, me permettant encore de vivre un beau moment ... L'impression d'être seul au monde ... ou de profiter d'un moment qui va bientôt être à ranger dans les souvenirs pour quelques mois, jusqu'au printemps prochain.
Juste après la digue, la route remonte dans les alpages, parmi quelques petits chalets typiques, vers le col du Pré (1 709 m). Ascension de 2 km à peine, mais qui passe de 6% à 9% sur le dernier km. Au fil de l'ascension, je jette un dernier coup d'oeil au lac car après, finie la poésie, retour aux affaires courantes !
J'entame une descente très sinueuse et plutôt chaotique sur Arèches, où il fait bon regarder où on pose ses roues ... Malgré tout, je vois de temps en temps le paysage de ce versant du col, beaucoup plus long et athlétique que le versant que je viens de vaincre.
La descente n'est pas très reposante, et sera comme telle jusqu'à Beaufort, où je retombe sur ma route du matin. Je sors du village, non sans m'être agacé sur les stupides passages pavés (disjoints bien entendu) et les ornières présents dans les rues ... Ok, l'hiver fait des dégâts, mais est-ce une raison pour laisser les choses se dégrader encore plus ?
Par la suite, aucun souci ... Les gorges du Doron présentent un profil descendant favorable aux gros braquets, et le vent n'est pas contraire. 2 raisons pour bien achever ma 4ème heure de route (28,5 km parcourus, moyenne générale : 19,7 km/h).
Je prends un grand plaisr à enrouler et virevolter dans les virages de la descente entre Venthon et Albertville, ultra-rapide. Les voitures doivent se demander qu'est-ce qui m'a piqué pour que je bombarde comme ça ...
C'est tout simplement l'envie d'en donner toujours plus, quand la forme est là, et qu'on a vu de si beaux paysages tout au long de sa sortie ...
Certes, Albertville est moins champêtre et bucolique que le Beaufortain ... Je retraverse la ville vite fait, et en finis avec cette énième sortie montagneuse ... Est-ce la dernière ? La météo en décidera, mais pour ce qui est de la forme, si j'arrive à la maintenir telle quelle encore quelques semaines, j^'ai toujours envie d'en découdre ...
Et si cette sortie était la der de l'année, je pense que j'aurai bien choisi le lieu et le jour pour avoir envie d'y revenir vite en 2012 !

Bilan : 93,4 km en 4h22', à 21 km/h de moyenne. 2 250 m D+.
Itinéraire : Grignon, Albertville, Venthon, Queige, Villard/Doron, Beaufort, Col de Méraillet, Cormet de Roselend, Col de Méraillet, Barrgae de Roselend, Col du Pré, Boudin, Arèches, Beaufort, Villard/Doron, Queige, Albertville, Grignon
15 octobre 2011
Samedi 15 octobre 2011 : Abus de Chartreuse, jambes cotonneuses
Dur réveil ce matin. Alors pour couper court à tout quiproquo : non, je ne me suis pas cuité ^^ Mais j'ai juste l'impression que mes jambes sont restées hier quelque part au bord du lac du Bourget. ça tire dans les cuisses, au moindre mouvement qui se distingue de la station debout, c'est courbatures et compagnie ... ça va être chouette !
Mais bon, j'ai signé pour en ch..., donc je ne modifie en rien mon ordre du jour : après le petit-dej', direction Montmélian. Vers 8h10, me voilà sur les routes, à la conquête de la Chartreuse et de quelques cols non franchis cette année, histoire d'arriver à 80 (au moins).
Le soleil apparaît timidement, mais prend de plus en plus d'aisance à mesure de mes premiers km. Comme hier, je vais tenter le pari des petites routes, afin d'aborder mon 1er col de la journée par une voie inédite.
Je file au travers des vignobles savoyards, à l'unisson de la couleur des arbres : le bel automne est là, jusqu'aux premières pluies qui terniront tout ça ... Les connaisseurs apprécieront les villages traversés : Apremont, Myans ... Je n'irai pas jusqu'à Chignin ^^.
A cette heure matinale, j'ai encore tout bon niveau fréquentation : pas grand monde. Pourtant, 100 et quelques milliers d'habitants résident sur le secteur, mais ils ne sont pas décidés apparemment à se lever ;o)
A St Baldoph, cependant, ça coince niveau itinéraire ... Je n'ai pas l'impression de prendre la bonne route, et me rabat sur la route officielle de Barberaz. Malheureusement, cela m'amène au final à revenir sur la piste cyclable amenant au pied du col du Granier ... mais depuis Chambéry.
Comme je n'ai pas envie comme hier de jouer à la "carte aux trésors", j'accepte cet état de fait. Je traverse donc le centre de Chambéry et au pied des Charmettes, j'entame mon opération Chartreuse. Après environ 51 min, je passe devant la borne indiquant le col à 14 km. Chrono !
A force de le faire, je connais bien le Granier, ses moments forts et ses temps faibles (qui sont mes moments forts, bizarre^^) : 830 m en 14 km, un pied quelque peu exigeant (bien qu'interrompu par une petite descente) et un fin qui ne laisse pas de répit, entre 6 et 7% sur les 4 derniers km.
Le profil est globalement régulier, avec un court mais joli raidard dans le 4ème km. Juste après, la route s'adoucit et on évolue entouré de falaises, avec un beau point de vue.
Je franchis la 1ère heure dans la montée (23,4 km/h) et commence à donner mon plein régime, afin de respecter un tableau de marche à 12 km/h. J'appuie même un peu plus que de raison sur les secteurs plus simples histoire d'avoir un peu de marge, au cas où. Mes cuisses ne disent (presque) rien, alors je continue.
Je franchis le Pas de la Fosse, 1er col (mais seulement intermédiaire) matérialisé par un tunnel juste après lequel arrive la route venant de St Baldoph. Encore 5,5 km ... J'atteins ma 1ère heure d'ascension, à 12,5 km/h, pas mal, mais peut-être trop vite pour moi aujourd'hui.
Désormais sous le soleil, je finis mon ascension à un rythme plus bas, et je passe le panneau du col au bout d'1h08', soit du 12,3 km/h, sous l'impressionnante falaise du Mont Granier.
Sans attendre, je pars dans la descente, mais me retrouve à l'ombre, chaud-froid, chaud-froid, heureusement que je suis en manches longues. Je passe la 2ème heure dans la fraîcheur (12,9 km parcourus, moyenne générale de 18,2 km/h).
Et ma "vibration mystère" se met soudain à se faire entendre ... En hors-saison, il faudra vraiment que je me penche là-dessus ... En attendant, à Entremont-le-Vieux, je bifurque vers le Désert-d'Entremont, et repasse ainsi au soleil. La route remonte séchement au travers des alpages et survient chez moi le début du calage.
Les pourcentages sont assez forts, il n'y a pas vraiment de répit et je ressens bien le fait que je manque de pep's, d'une part du fait de mon raid d'hier, mais aussi parce que voilà plus de 2h que j'évolue sans avoir mangé autre chose qu'un petit gel ...
A mesure, le courant s'éteint dans les jambes. Pas de crampes, juste pas d'énergie. La fringale classique, qui ne m'arrive pas si souvent que ça (et heureusement).
A quelques hectomètres du Désert, je stoppe. Inutile de forcer, refaisons le plein calmement sans s'obstiner. Je me rappelle que la sortie du village est très raide, alors être planté là ou plus haut ... L'Histoire retiendra qu'au final,le petit col de la Cluse, perdu dans la Chartreuse, aura été le seul à me faire mettre pied-à-terre cette saison. Chuuuut, ne le dites pas trop fort ! ;o)
Passé ce creux, je reprends ma route ... Sans problème aucun. Je traverse le Désert, et après quelques bosses supplémentaires, je franchis le col de la Cluse (1169 m). A marquer d'une pierre noire, je lui referai la peau plein gaz l'année prochaine.
Je descends sur le village de Corbel, en balcon sur les impressionnantes gorges du Guiers Vif et la route en face, que je suis sensé prendre au retour. Mais je m'interroge ...
Au fil des km, je prends la décision de ne pas forcer plus que ça sur la machine aujourd'hui, plus que le Granier, au retour, c'est la route des Gorges que je crains : plusieurs petites montées, de quoi saper l'énergie et les jambes et ... j'ai bien l'intention de m'en servir encore demain, de celles-ci !
Tant pis, je repasserai en dessous de 2000 m de D+ aujourd'hui, mais qui veut voyager loin ... Vous connaissez la suite.
En attendant, je franchis le dernier col "montant" du jour, le col des Egaux (958 m), pas bien compliqué. Une petite pente passée à l'énergie, et qui ne demande pas énormément d'efforts. J'en profite pour jeter un oeil sur les vues très dégagées sur l'ouest et le département de l'Isère. 3ème heure, déjà, mais le coup de massue du col de la Cluse n'a pas méchamment pesé sur la moyenne (19,9 km parcourus, moyenne générale de 18,7 km/h)
Au terme de quelques km de descente, mon retour sur St Jean de Couz marque mon passage au col de Couz (624 m), de très loin le plus facile du jour !
Un peu déçu mais en gestionnaire, je tourne donc à droite en direction de Chambéry plutôt qu'à gauche vers la 2ème manche de mon match contre le Granier ...
A partir de là, le profil est largement favorable à l'établissement d'une bonne moyenne, avec un faux-plat généralement descendant et une route large, sans aucun vent. Je retraverse Chambéry via les pistes cyclables et n'ai plus qu'à revenir via les villages vignerons à ma voiture (4ème heure : 32,9 km parcourus, moyenne de 22,2 km/h)
La prochaine fois que je m'attaquerai à la Chartreuse, inutile de dire qu'elle passera en entrée, et on verra bien si j'ai une mauvaise descente ...

Bilan : 94,1 km en 4h10', à 22,5 km/h. 1 620 m D+.
Itinéraire : Montmélian, les Marches, Myans, Apremont, St Baldoph, Barberaz, Chambéry, Pas de la Fosse, Col du Granier, Entremont-le-Vieux, Le Désert-d'Entremont, Col de la Cluse, Corbel, Col des Egaux, St Jean de Couz, Col de Couz, Cognin, Chambéry, Barberaz, St Baldoph, Apremont, Myans, Les Marches, Montmélian.
14 octobre 2011
Vendredi 14 octobre 2011 : Pas encore mort !
Alors que beaucoup de cyclistes pensent actuellement à raccrocher leur biclou, ou ont d'ores et déjà enclenché le mode "running" pour remplacer le vélo, je prolonge encore le plaisir ... jusqu'aux premiers froids. Je croyais bien que c'en était fini mais cette semaine a remis la Savoie en version printanière.
Profitons-en donc jusqu'au dernier rayon ! Direction ce matin le Bourget-du-lac, pour un circuit que j'avais effectué pour la dernière (et unique) fois en ... 2006. Souvenir souvenir. Après 1h de route, et quelques minutes de préparation, j'enclenche à 8h15 pour une des plus grosses sorties de ma saison.
J'ai pris l'option "ultra solitude" ce matin, à savoir le passage par de petites routes quasi-désertique. L'accès "officiel" de mon premier col du jour demanderait sinon de traverser la Motte-Servolex et un matin de semaine, à 8h, j'estimais que ça le faisait moyen.
Donc je pars d'emblée via la route de la Serrzaz, et d'emblée, ça monte. J'attaque ma sortie au taquet, voire même un peu trop. A froid, c'est le pire démarrage possible : de quoi se griller le reste de sa journée ... Heureusement, la route prend un profil plus doux, et même plat ou descendant. Cependant, je suis servi niveau intensité, avec une alternance de courts raidards et de replats.
Les hameaux se suivent ... La Serraz, Le Noiray, Montaugier ... Le massif de l'Epine reste désespérément dans la brume, mais s'approche aussi à grand tour de roue. A Villard-Peron, la "vraie" ascension débute par un bon gros mur à 10% en ligne droite, mais par la suite la pente, même plus sympa, ne baissera pas beaucoup la garde. Après un peu plus de 3/4 d'heure, je rattrape la route du col, toujours aussi calme ...
De retour sur un meilleur bitume et une pente régulière, je mets mon régulateur de vitesse à 12, comme d'habitude ^^ La 1ère heure arrive (14,4 km/h), "sanctionnée" par les différentes montées et sauvée par quelques petites descentes. Quelques minutes plus tard, je franchis enfin le col (987 m), point culminant de ma journée, et me lance dans la descente ...
Ou plutôt la purée de pois. Je subis en direct l'effet de barrière climatique que procurent les massifs de l'Epine et du Chat : je suis dans les nuages et les embruns, avec une route mouillée et une visibilité à 10 m. En plus, je dois éviter les quelques cailloux tombés sur la route et ne pas louper un virage ...
Dans la ouate, je ne dépasse pas les 30 km/h. A la longue, j'arrive à sortir de la brume et retoruve une route sèche à l'approche de Novalaise où je bifurque en direction du lac d'Aiguebelette ... Et dans la série "avec ceci ?", je décroche le pompon ... D'abord, il se met à bruiner pour de vrai, et niveau visibilité, c'est pas la joie. Dans la foulée, mon capteur décide de jouer la fille de l'air et cogne la cellule au point qu'à un moment, je crois l'avoir cassée ... :o/
ça fait beaucoup, là. Mais ce n'est pas fini ...
Pour ce qui est des paysages, un coup dans l'eau pour moi. Aiguebelette est plongé dans la brume, un beau tableau d'octobre à ne pas monter à un dépressif sous peine d'avir un suicide sur la conscience. Quelques barques, des pêcheurs emmitouflés ... Et un cycliste qui râle ^^
A St Alban de Montbel, direction Ayn, je retrouve mes petites routes calmes. Avant Ayn, pause impromptue due à un peloton de vaches qui passe en force ;o) Je ne faisais pas le poids ! A mesure que j'avance, le soleil commence à percer, enfin. Mais passé Ayn et le col du Banchet (590 m) presque sans effort, je replonge dans la ouate ... :o( Décidément, les paysages jouent à cahce-cache avec moi aujourd'hui !
Encore dommage, car la descente sur Dullin est assez spectaculaire, à flanc de falaise et surplombant l'A43 ... Je franchis la 2ème heure durant cette descente ( 23,8 km parcourus pour une moyenne de 19,1 km/h). En bas du col, je reprends de petites routes qui nécessite de temps en temps un arrêt carto, histoire de ne pas s'enfoncer dans la cambrousse.
Mais histoire de ne pas perdre totalement mon temps, je fais aussi quelques exercices comme prendre l'aspiration d'un tracteur et ainsi grimper sans effort jusqu'au hameau de Rochefort, sur la route de Sainte-Marie-d'Alvey. Traversée cette petite commune toute en montée, il ne me faut que quelques minutes pour atteindre mon 3ème col, la Crusille (578 m). Virage à angle droit à gauche, toujours à la chasse aux cols en direction de la Lattaz.
Je file plein nord, et je me prends le vent pleine face. Même si ça demande quelques efforts sur les prochaines heures où je vais garder le même cap, c'est plutôt de bonne augure pour la fin de la sortie.
J'ai bien potassé mon itinéraire, mais je commets une bonne grosse erreur de parcours qui va me coûter quelques minutes et quelques km en plus ... La signalisation des hameaux est catastrophique sur ce secteur, et je ne dois qu'à mon GPS intérieur de me rendre compte que je file loin de mon objectif ...
2 points cartos plus tard (et autant de temps perdu et d'énervement), je retrouve ma route ... Mais voilà la synthèse de ce début de sortie : pas concentré, je doute de ma route trop souvent alors que la plupart du temps, j'étais sur la bonne voie. Ces arrêts intempestifs me font fulminer, je râle tout seul. Calme-toi, Pierrick, me dit pourtant ma conscience. C'est vrai, après tout, je suis dans un superbe secteur, sur un parcours exigeant où je ne souffre pourtant pas trop, et le soleil est en train de remporter la partie ... Que demander de plus ?
Les 2,5 km de montée qui constituent le col de Lattaz (754 m) sont très exigeants, quelques petits lacets nerveux, une forte pente, mais à la relance, je passe ce col comme j'enfile les perles. Je descends jusqu'au hameau de Lattaz ... et bien entendu, la signalisation me fait encore me planter de route ... ça commence à vraiment bien faire !
Heureusement, c'est la dernière fois que je m'enduis d'erreur ... Pour passer le temps, je vois que ma 3ème heure s'achève (17,8 km parcourus pour une moyenne globale de 18,6 km/h), un peu "moyenne" mais bon, quand on se plante, qu'on s'arrête, qu'on repart ... pour mieux s'arrêter après pour s'y retrouver, pas surprenant.
Revenu sur la bonne route (Direction Saint-Maurice-de-Rotherens), je n'ai plus que 3 km pour atteindre le col du Mont Tournier (821 m), avant-dernier de la journée, dans un beau décor forestier. La descente sur La-Chapelle-Saint-Martin est rapide et technique (et sèche !), comme je les aime.
Sur des routes moins compliquées à choisir, je retrouve le plaisir de rouler. Il est midi, toujours très peu de circulation, et mon genou, qui cristallisait aussi un peu mon inquiétude, se porte de mieux en mieux. Après avoir senti une gène du genre "tendinite qui ne veut pas s'annoncer", la douleur ne vient pas ... Mon salut se trouve dans les ascensions. Dès que que j'emmène gros, je sens que ça tire donc fini les démonstrations de force !
Après Saint-Paul-de-Yenne, la route prend un profil roulant et descendant vers Chevelu, où j'attaque le dernier col du jour, le col du Chat (633 m). 4,5 km assez simple, où la route s'élève à flanc de falaise pour apprécier le panorama sur le bassin de Yenne. 1 seul lacet, à quelques hectomètres du sommet. En 22 minutes, j'en suis débarassé. Auparavant, j'ai franchi ma 4ème heure (24,8 km parcourus, moyenne globale de 20,1 km/h).
Place désormais à l'amélioration de la moyenne ! C'en est fini des ascensions marqués, après un check-up rapide des réserves, des moyens et de l'envie, je me lance dans le Tour du Lac du Bourget.
Mon tour commence à peine après 200 m de descente ... par une petite montée, au départ du hameau du Col. Zut ! Mais bon, c'est vrai que pour revenir sur les rives du lac, la descente n'est pas continue, c'est la règle du jeu ...
A mesure, le lac du Bourget apparaît en contrebas, à la faveur des belvédères contruits en bord de route. Quelle beauté, en dépit d'un temps qui persiste à la semi-grisaille ! Je n'aperçois cependant pas l'Abbaye de Hautecombe, en contrebas de ma route et qui demanderait un arrêt de plus ...
Et plus loin, apparaît aussi le profil imposant du Grand Colombier, qui fera a priori son entrée dans le giron des cols du Tour de France lors de l'édition 2012 ... Un vrai monstre, qui a pour moi l'aura d'un Ventoux, et qu'il faudra accrocher à ma collection ... mais l'année prochaine ! Pour aujourd'hui, j'ai ma dose.
A partir de Saint-Pierre-de-Curtille, la route descend définitivement de son balcon haut perché, et rejoint les rives de Conjux et de Portout. Derniers instants où le vent s'oppose à moi, avant de l'avoir dans le dos ... A partir de Groisin, let's go ! J'évolue au ras de l'eau, le lac scintille de mille feux sous le soleil bas de ce milieu d'après-midi.
A 35 km/h environ (tranquille, quoi ^^) je file, mais loin de déclamer du Lamartine tranquillement en rêvassant (Ô temps suspends ton vol) ... Bien au contraire, je roule en souplesse mais sans répit, et parfois mis en difficulté par les petites bosses qui se présentent sur cette fin de parcours. Après Brison-Saint-Innocent, c'est la paix des braves : parcours plat comme la main, dans la traversée d'Aix puis le long des plages menant à Tresserve.
Je passe la 5ème heure à fond de turbo (28,5 km parcourus, moyenne générale de 21,8 km/h), pressé malgré tout d'en finir. Sur les balcons du lac, j'ai réussi à temporiser et ainsi éviter de méchantes crampes, mais là, c'est alerte générale : adducteurs, quadriceps, mollet ... Tous les voyants clignotent !
Je lève le pied dans les 2 derniers km, une fois ma moyenne acquise et ayant à l'esprit aussi qu'il faut que j'en garde pour la suite du week-end, même si je me suis largement entamé... La suite au prochain numéro !

Bilan : 129,1 km en 5h40', à 22,8 km/h de moyenne. 2 400 m D+.
Itinéraire : le Bourget-du-Lac, La Serraz, Montaugier, Villard-Peron, Col de l'Epine, Novalaise, Saint-Alban-de-Montbel, Ayn, Col du Banchet, Rochefort, Sainte-Marie-d'Alvey, Col de Crusille, Gerbaix, Col de Lattaz, Le Borgey, Col du Mont Tournier, Chapelle-Saint-Martin, Saint-Paul-de-Yenne, Chevelu, Col du Chat, Saint-Pierre-de-Curtille, Conjux, Groisin, Brison Saint-Innocent, Aix-les-Bains, Tresserve, Le Bourget-du-Lac.
12 octobre 2011
Mercredi 12 octobre 2011 : de l'importance d'une bonne signalisation
A votre avis ... Est-ce le cycliste qui n'a pas vu ce panneau
ou l'antilope qui aurait omis celui-là
? Quoiqu'il en soit, le choc est rude ... et plutôt insolite !
10 octobre 2011
Lundi 10 octobre 2011 : La Maurienne dans le bon peloton ?
A quelques jours de la présentation officielle du parcours du Tour de France, ça bruisse de plus en plus de rumeurs concernant les différentes étapes. Aujourd'hui, Martin, du blog de l'Ardoisier, en dévoile un petit peu plus ! Et la Maurienne est apparemment (n'oublions pas que ce ne sont que des rumeurs ...) bien partie pour revivre un bel été ... façon 2006 !
En effet, une arrivée est prévue le 12 juillet à la Toussuire, après un départ d'Albertville. Une étape 100% savoyarde qui verra les coureurs emprunter le col de la Madeleine, la doublette Glandon/Croix de Fer avant de finir par la montée habituelle vers la Toussuire via le Corbier. Un programme "modéré" (!!!) mais ce sera la 1ère étape alpestre, et cette année, les Alpes ne seront pas décisives car abordées avant les Pyrénées ...

Ne pas se fier au raidard aux alentours du km 110, Openrunner escamote les tunnels ...^^
Cela reste une belle étape d'environ 140 km et 4400 m de D+, et il se murmure aussi que cela pourrait être l'étape du Tour-Mondovélo ... Cela reste à voir, même si en terme de légendes, de kilométrage et de dénivelé, elle rentre dans le cadre pour attirer le plus grand nombre. Les Pyrénées présentent aussi quelques étapes au profil semblable ... A suivre ! Même si cette étape présente un avantage logistique indéniable, à savoir le fait de disposer des sites de départ et d'arrivée à 70 km l'un de l'autre.
Enfin, le 13 juillet, Saint-Jean-de-Maurienne devrait avoir les honneurs d'un départ. A croire qu'ASO accroche vraiment avec la Maurienne, après un départ de Modane en 2011 pour une étape mémorable. En 2012, le peloton partira de Maurienne pour aller jusqu'en Ardèche : ça devrait moins flinguer que dans le Télégraphe cette année ...
Le Tour 2006, on s'en rappelle, s'était distingué en Maurienne par des rebondissements que les meilleurs scénaristes n'auraient pas osé écrire : pendant que Rasmussen (tiens tiens ...) s'envole vers le gain de l'étape, Landis (tiens tiens ...) craque dans la montée de la Toussuire ... avant de ressusciter le lendemain vers Morzine. Je l'avais vécu de très près, et j'avais mordu à l'hameçon ...
Sans aller jusqu'à ces extrêmes, j'espère que la course sera vivante et fera honneur à la légende du Tour en Maurienne ! En espérant que tout cela ne soit pas que des rumeurs ;o)









































